viernes, 19 de abril de 2013

Quatre ans sans Odetta





Quatre ans.

Quatre longues années sont passées depuis le départ d’Odette.
Dans un  peu moins d’un mois, le 16 mai exactement, je commémorerai, possiblement toute seule, ou avec quelques rares personnes,  la mémoire d’Odette. Un être, une personne, une femme, une battante, que je n’oublierai jamais.
Odette, la femme de la Khaymé… Odette, la veuve… Odette, la maman de Christine et Richard…  Kidnappés en 1985, à Beyrouth.
Odette a été fauchée, une journée de  mai 2009, par une voiture, qui allait à toute allure sur le pont de                                               en allant chercher ses légumes, pour cuisiner dans la khaymé des prisonniers libanais en Syrie. Une khaymé, qu’elle quittait rarement. Car, là-bas, elle attendait le retour de ses enfants…
Odette est partie sans avoir revu ses enfants. Vingt-quatre longues années d’attente, de lutte, de va-et-vient en Syrie, chez les politiciens libanais, à droite, à gauche, à frapper à toutes les portes dans le seul but de revoir Christine et Richard.

Depuis quatre ans, Odette me manque, cruellement, lors de mes séjours au Liban.
Sa “mjadara”, son “tabboulé”… Ses conversations calmes et pleines de sagesse.
Les jeux de cartes, bien que je ne sois pas une grande joueuse…Mais Odette me disait toujours: “ Aller, reste, encore un peu, ba3ed da2”…Et je restais.

Je me souviens de ce jour où elle m’a montrée les pastèques qu’elle avait vu grandir dans la terre du jardin autour de la Khaymé. Des pastèques, qui avaient poussé suite au jet de quelques pépins… Ce jour là, je lui ai dit: “Wow, Odetta, c’est un signe, Christine et Richard vont revenir”… Je me suis probablemente trompée ce jour-là, mais j’étais pleine d’espoirs… Encore aujourd’hui..

Odette est partie. Christine et Richard ne sont toujours pas revenus. Et la Khaymé est encore là, lieu de reunión et de rassemblement pour les parents et familiers des prisonniers libanais en Syrie.
Quant à moi, j’ai toujours Odette en mémoire. Enfouie dans mes souvenirs, mais si présente dans mon coeur.

Que son Âme Repose en Paix..
Il y aura toujours quelqu’un pour accueillir Christine et Richard.






martes, 16 de abril de 2013

Pour la mémoire de Alexandra Prangala...




Ce soir, j’ai honte de porter le même passeport qu’un certain “officier influent” de mon pays natal.
J’ai honte de l’ancien ministre du travail et de la justice libanais qui n’a rien fait pour Alexandra Prangala, alias Maria.
J’ai honte du commandant en chef de l’armée libanaise qui est resté les bras croisés face au calvaire de Maria.
J’ai honte du Président de la République de mon pays qui n’est pas intervenu pour sauver la vie de Maria.
Des hommes, qui ont ignoré les souffrances d’une  femme.

BASTA YA.

Qui vous vous croyez pour vous permettre de menacer, battre, violer, enfermer et maltraiter des filles, des femmes, des mères qui traversent les océans pour venir travailler chez vous. Qui vous vous croyez pour priver ces femmes de leur liberté de decisión sur leur propre corps. Qui vous vous croyez pour  agir de la sorte face à des personne qui vous nettoient votre merde, dans tous les sens du mot.

N’oubliez jamais que vous sortez d’une femme, et que sans la femme qui vous a porté, vous êtes poussière dans la nature.  N’oubliez jamais que vous avez une mère, une soeur, une femme, une fille.
Tôt ou tard, messieurs, une certaine justice se fait… Souvent beaucoup plus tard que tôt.

Maria est décédé suite à sa chute, plus précisément suicide. Maria, comme beaucoup d’autres, a payé de sa vie votre ignorance, votre irresponsabilité et votre avidité de pouvoir…

Que son Âme repose en Paix. Et que la vôtre, soit chargée à jamais, par des crimes auxquels vous participez indirectement par votre silence et votre passivité.

Nayla Tahan Attié

sábado, 13 de abril de 2013

La richesse...

On a posé la question suivante à 2 groupes de personnes: 
               "QU'EST-CE QUE LA RICHESSE"...

L'architecte: Avoir beaucoup de projets qui me permettent de gagner beaucoup d'argent.
L'ingénieur: développer des systèmes qui soient utiles et bien payés.
Avocat: Avoir beaucoup de cas qui me laissent beaucoup d'argent pour acheter une BMW. 
Médecin: Avoir beaucoup de patients pour pouvoir acheter une grande maison.
Gérent: Avoir l'entreprise en niveau de gain toujours croissant.
Athlète: Gagner en reconnaissance mondiale pour pouvoir être bien payé....

Le non-voyant: Voir la lumière, le soleil et les gens que j'aime.
Sourd-Muet: écouter le brouhaha du vent, pouvoir crier aux gens que j'aime, combien je les aime.
Handicapé: courir, un matin ensoleillé, 10 kilomètres.
Malade en phase terminale: pouvoir vivre un jour de plus.
Orphelin: avoir ma mère, mon père, et toute ma famille.

La richesse ne se mesure pas en billets d'argent...

LA RICHESSE SE MESURE AVEC CES CHOSES QUE TU NE CHANGERAIS JAMAIS CONTRE DE L'ARGENT.....

domingo, 14 de octubre de 2012

Lettre à tous les politiciens libanais, et particulièrement au Président de la République Libanaise Monsieur Michel Sleiman.


Lettre à tous les politiciens libanais, et particulièrement au
Président de la République Libanaise Monsieur Michel Sleiman.


Messieurs,

Je vous adresse ce cri  au nom de milliers de libanaises et de libanais qui vivent dans l’incompréhension de vos incompétences.  Vous vivez, vous mangez, vous voyagez, vous dépensez l’argent du contribuable,  en oubliant pourquoi vous êtes à la place où vous êtes et le pourquoi du salaire qui vous arrive toutes les fins de mois:  servir le peuple libanais, son honneur, son bien-être, et sa dignité.
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J’ai reçu une video, ce matin. concernant les détenus libanais en Syrie, leurs familles, leurs mamans, leur enfants, et pour certains, leurs parents absents à l’appel, car décédés sans avoir su le sort de leurs enfants, enlevés pour certains, il y a plus de 22 ans.

Monsieur le Président, avez-vous pris la peine, un jour,  de déposer une requête pour savoir le sort de ces centaines de libanais disparus arbitrairement et emprisonnés dans les goêles syriennes ?
Dans les visites officielles que vous faites à travers la planète, évoquez-vous ce thème oublié par tout le monde??
Si vous aviez eu un fils ou un frère enlevé arbitrairement et emprisonné, qu’auriez-vous fait?
Garder le silence ou en parler?

Messieurs les politiciens, vous prenez le peuple libanais en otage, en vous aggrippant à vos sièges politiques et en trichant. Vous trichez partout. Dans tout. Vous êtes avides de pouvoir  et d’argent. Un argent qui vous arrive d’ailleurs mais qui est sensé servir à l’amélioration des conditions de vie des libanais.

Vous maintenez le peuple libanais à genoux devant vous. En le maintenant dans l’ignorance, la désinformation, et le besoin. En lui faisant croire l’incroyable.

Vous faites la guerre à la culture. Vous faites la censure sur des films libanais. Vous aceptez un racisme effarant, et vous piétinez les couleurs du drapeau libanais, par vos idées incongrues.

Le Liban n’est pas à vous. Il n’est pas votre propriété. Encore moins, l’est  le peuple libanais.

Vous avez fait preuve d’une incapacité aigüe
Pour certains, cela fait des décennies que vous êtes sur la scène de ce Liban meurtri. Cela fait des décennies que vous sucez le sang du peuple libanais.

Il est peut être temps de faire un changement.
Il est peut-être temps de laisser la place, de libérer la scène, de  fermer le rideau et de partir.  DÉGAGEZ.


Nayla Tahan Attié

martes, 2 de octubre de 2012

Identité d'une libanaise


Identité d’une libanaise


Elles me tapent sur les nerfs ces personnes qui sucent la richesse du Liban pour après   l’insulter. J’ai toujours dit: on peut critiquer dans le but d’améliorer, mais on n’a pas le droit d’insulter.

Partout où l’on se présente, on nous demande de présenter une píèce d’identité. Ce qu’on appelle “Hawiyé” au Liban

Une hawiyé c’est un petit bout de papier, superficiellement préparé, souvent plastifié et trop bien gardé par son propriétaire.
Mais, peut-on se fier à ce petit bout de papier pour se faire une idée sur l’identité d’un être humain?

De nombreux libanais, éparpillés dans les quatres coins de la planète, ont un doute sur leur identité. De quelle identité parle-t-on vraiment?
Celle du pays natal ?
Celle du pays d’adoption ?
 Celle du pays qui donne le travail, la sécurité, la stabilité?

Aujourd’hui, au Liban, de très nombreux libanais, jeunes et moins jeunes, rèvent d’un passeport canadien, européen, américain ou tout autre. Ils croient rêver d’un avenir meilleur. D’un horizon propre.

Personnellement, je suis porteuse de trois passeports de trois continents différents, et ma fierté de ma Libanité dépassent de loin les autres.

Jean Paul II  a dit un jour: “Le Liban est plus qu’un pays, c’est un message”. Et je me permets de continuer sa phrase aujourd’hui: “ Nous les libanais éparpillés dans le monde, nous sommes les messagers de ce Liban  message”.

Si le Liban venait à disparaître, comme le prévoient de nombreuses mauvaises langues et analyses, de nombreux pays disparaitraient aussi, engloutis sous les vagues déferlantes d’un fanatisme religieux venu d’ailleurs. Pas du Liban.

J’ai passé un moi et demi  au Liban cet été. Je me suis promenée du nord au sud. Et c’est là, parmi ces libanais, que je retrouve mon identité. À première vue, tout paraît me séparer d’eux. Et pourtant, dans le fond, tout nous rapproche. Nous n’avons qu’un objectif: Un Liban Libre de toute emprise étrangère.

Une terre natale on n’en a qu’une, et c’est là que, souvent,  nous retrouvons notre véritable identité, nous, les messagers ambulants du Liban Message.

Nayla TAHAN ATTIÉ


miércoles, 20 de junio de 2012

Le Liban et le Luxe




Souvent on entend la phrase: Le Liban, pays du Luxe... 

Il y a 2 sortes de luxes: et le fossé est grand entre ces deux luxes. 

Le luxe ne consiste pas à se  se promener dans un centre commercial ou payer 30 dollars pour un droit d'entrée sur une côte qui est sensée être propriété du peuple libanais. Le luxe est loin d'être  ce que de nombreux  libanais pensent que c'est. 

En quelques mots, le luxe c'est pouvoir envoyer ses enfants dans des écoles publiques, en étant sûr qu'ils apprendront aussi bien que dans les écoles privées... Le luxe c'est avoir droit à une sécurité sociale décente,et un service médical décent, même si vous n'avez pas payé une police d'assurance à un prix exhorbitant.  Le luxe, c'est  ne pas périr à la porte d'un hôpital parce qu'on  n'a pas d'assurance privée.

Le luxe c'est avoir des centres culturels gratuits, où petits et grands ont droit à des activités gratuites, manuelles, intellectuelles,musicales,etc...  Le luxe c'est pouvoir, arriver à la porte d'un restaurant, garer sa  propre voiture sans que  10 mouches géantes vous attaquent  pour vous ôter de votre voiture en vous tendant un ticket   payant pour vous la garer. Le luxe c'est pouvoir se garer, sortir de sa voiture, et plonger dans les plus belles eaux de la méditerrannée,  se baigner dans les plus belles plages gratuitement.  Le vrai luxe c'est  se promener sur une avenue propre où se côtoient les vrais magasins d'où sort le luxe.

 Le vrai luxe c'est pouvoir appuyer sur un simple bouton qui vous procure une petite lumière, qui vous évite l'utilisation des bombonnes de gaz, des bougies, et surtout, de payer une facture d'életricité à un privé, qui s'enrichit sur le dos de millers d'innocents qui croient vivre dans le luxe lorsqu'il leur assure quelques Watts  d'une denrée de plus en plus rare au Liban.

Si le Liban était le pays du luxe, les plus de 12 millions de libanais dans le monde y seraient en train d'y vivre. Mais malheureusement, ces plus de 12 millions de libanais sont éparpillés dans les 4 coins de la planète terre...

Leur exil volontaire ou forcé est une des raisons pour lesquelles: le Liban est loin d'être le pays du luxe. 

jueves, 19 de abril de 2012

Trois ans déjà

Dans un peu moins d’un mois, cela fera 3 ans que Odette n’est plus. Trois longues années  sans Odette. Une absence. Un blanc. Un vide.
Certains connaissent Odette, d’autres non. Mais nombreux sont ceux qui savent que Odette a eu une place spéciale dans mon existence. Dans ma vie. Dans mon coeur.

J’ai connu Odette par pur hasard. En regardant à la télévisión  libanaise, depuis mon poste à l’autre bout de la méditerranée, un reportaje sur “les prisonniers libanais en Syrie”.

Pendant un de mes nombreux séjours au Liban,  je suis allée, par curiosité, visiter la “khaymé” lieu de rencontre des  parents, frères, soeurs, fils, filles,  “des disparus arbitrairement et emprisonnés en Syrie”.  Quelque part en moi, en tant que libanaise, je me sentais des leurs. Je me sens toujours des leurs, malgré la distance qui me sépare de cette cause.

Ma  première rencontre avec Odette  remonte à l’année  2005. Dans la “Khaymé” située dans les jardins de Gibran, dans le centre-ville de Beyrouth, face à l’emblématique ESCWA. Une femme, fragile et forte en même temps. Fragile par sa situation, de veuve, maman, de Christine et Richard, disparus depuis 22 ans à l’époque, et sans aucune nouvelles d’eux, dormant dans la “khaymé”, et faisant face aux intempéries, les caprices du ciel et de la nature. Mais  aussi, de l’être humain et son m’en foutsime. L’hypocrysie  des politiciens. Et l’égoisme des dirigeants.  Forte, de par sa situation aussi. Sacrifiant sa vie pour retrouver ses enfants. Sacrifiant sa vie pour la continuité de la “khaymé”.

Je n’arrive toujours pas à donner un nom à ma relation avec Odette.
Ô combien elle m’appelait, pendant mes séjours au Liban, pour me dire. “Viens, j’ai fait de la mjaddara et du tabboulé”. Elle savait que ces deux plats libanais étaient mes favoris. Ô combien, j’ai joué, pendant des heures aux cartes avec elle, moi qui ne supporte pas les jeux de cartes. Nassim s’en souviendrait certainement. J’étais lente à apprendre, mais au bout du compte, j’apprenais. Pour faire plaisir à Odette.

A la “khaymé”, j’ai connu  Nour, Sonia, Dory, Jannette, Emm Ghassan, Nassim, etc… J’ai connu Ghazi aussi. Un être exceptionnel.
J’ai connu de nombreux familiers. Mais Odette, était pour moi, Odette. Des fois, lorsque je la sentais un peu tristounette, c’était  Odetta.
Trois ans sont passés depuis le départ d’Odette, et rien n’a changé. La “Khaymé” est toujours là. Les familiers se réunissent encore et toujours. Seul point noir au tableau, l’absence d’Odette, qui a été fauchée par un chauffard un jour de mai 2009, le mois de la Vierge.
Tu seras toujours là Odette. Et ne t’en fais surtout pas pour les enfants. Ils seront en de bonnes mains à leur retour.